Abstract
La communication gouvernementale s’inscrit dans le débat politique : elle tente d’imposer les thèmes autour desquels s’organisent la discussion et la délibération des citoyens ou elle réagit à l’événement. En outre, le gouvernement l’utilise comme un instrument susceptible de pérenniser la légitimité conquise lors des élections. À ce titre, elle ne peut être interprétée à la lumière des principes qui régissent les entreprises privées, où la communication commerciale est un moyen indiscuté au service de la conservation ou de la conquête de parts de marché.
La communication gouvernementale ne peut s’assigner une finalité aussi claire et univoque. Elle ne vise pas seulement à promouvoir un programme politique, et parfois un homme à travers un projet. Elle a plusieurs acteurs, plusieurs objectifs, plusieurs formes.
Dans la communication du gouvernement, on distingue traditionnellement : 1) une communication administrative qui consiste à informer le citoyen-administré de ses droits et devoirs, des services qui lui sont offerts ; 2) une communication institutionnelle (dite également ”corporate”) qui recouvre les actions destinées à mettre en valeur un ministère ; 3) une communication sociale qui vise à sensibiliser les citoyens aux grandes causes d’intérêt général ou à modifier leur comportent dans un sens conforme à l’intérêt commun, et 4) une communication plus politique qui consiste, pour le gouvernement, à expliquer et légitimer ses choix, voire à valoriser son action sous forme de bilan.
Cette typologie est un peu artificielle : toutes les formes de communication, parce qu’elles entrent dans l’espace public, peuvent emporter des conséquences politiques. Ne sont neutres de ce point de vue, ni la communication interne, ni l’information sur les droits nouvellement acquis, ni les incitations à se rendre aux urnes, ni mêmes certaines campagnes d’intérêt général, souvent attribuées par l’opinion au ministre en charge du domaine concerné.
La distinction apparemment la plus opérationnelle sépare en fait, quel que soit le type de communication considéré, l’information ”chaude” reprise par les médias et objet de débat dans l’opinion, de l’information ”froide” qui n’intéresse qu’un destinataire déterminé et ne suscite pas l’intérêt des médias. La première relève de la communication gouvernementale, la seconde de l’information administrative.
La communication gouvernementale, ainsi définie, est politique. Toutefois, elle ne doit pas s’enfermer dans la seule promotion des hommes ou d’un parti, mais constituer un outil spécifique au service de l’action du gouvernement.
La communication gouvernementale est le moyen de faire connaître au public les mesures nouvelles arrêtées pour mettre en œuvre la politique du gouvernement. Elle comprend la communication directe et les relations avec la presse. Elle peut également viser à promouvoir des modifications de comportement. S’adressant au citoyen, elle doit être comprise et admissible par tous. Elle doit s’accompagner de la mise en place de relais permettant d’établir un dialogue avec le public, ce qui suppose l’implication des réseaux propres à l’administration.
En définitive, la communication gouvernementale doit conjuguer efficacité dans l’utilisation de fonds publics et légitimité au regard des principes démocratiques.
L’idée de légitimité renvoie aux principes de liberté d’expression, de droit à l’information et de la transparence de l’action publique. Un gouvernement doit pouvoir expliquer ses réformes et connaître les dispositions de l’opinion à l’égard de ses projets, afin d’en évaluer les chances de succès et le cas échéant de les adapter.
En revanche, selon les termes de la circulaire du Premier ministre du 14 juin 1993 relative à la communication du gouvernement, ”les actions ne doivent pas avoir pour but de mettre en valeur la politique gouvernementale en tant que telle ou d’illustrer la pertinence de choix purement politiques. L’État se doit d’être impartial dans l’utilisation des crédits qu’il consacre à l’information du public”.
La question de la légitimité se pose aujourd’hui dans un environnement transformé par le développement des médias de masse et l’affaiblissement de leur contrôle par l’État, ainsi que par le déclin des relais traditionnels de la formation de l’opinion (partis politiques et syndicats notamment). La profusion des émetteurs et des messages, l’importance accrue de l’image, la rapidité de la transmission appellent une nouvelle gestion du temps et une grande cohésion de la communication gouvernementale. Le gouvernement doit disposer d’une organisation et de moyens à même de répondre à ces exigences.
La multiplicité des acteurs et la situation de concurrence potentielle où ils se trouvent (Président de la République et premier ministre, membres du gouvernement entre eux, cabinets et services) favorisent la dispersion des messages. Or la coordination et la cohérence de la communication conditionnent son efficacité. Le Service d’information et de diffusion du Premier ministre (SID), créé à cette fin en 1976, semble insuffisamment reconnu et doté pour mener à bien sa mission, face aux tendances centrifuges propres à la communication, enjeu de pouvoir entre politiques et entre ministères. Le porte-parole du gouvernement se heurte à la même difficulté.
L’appréciation de l’efficacité de la communication gouvernementale se heurte quant à elle à des difficultés. En premier lieu, il est souvent tentant d’attribuer l’échec d’un projet ou le rejet d’une décision à une ”erreur de communication”, excuse facile préservant la justification de la décision sur le fond. En second lieu, le succès ou l’échec électoral ne peuvent à eux seuls permettre d’évaluer les effets d’une politique de communication : on ne peut faire l’économie d’une véritable expertise technique. À cet égard, les modalités de contrôle, la transparence financière et l’évaluation de la communication gouvernementale paraissent insuffisantes. La relative opacité des moyens mis en œuvre contribue d’ailleurs à la suspicion qui pèse sur elle.
Des exemples récents de stratégies de communication ainsi que certains aspects des expériences étrangères suggèrent des réformes de structure ou de méthodes, de nature à assurer l’efficacité de la communication gouvernementale et sa légitimité dans un environnement transformé.
La communication gouvernementale ne peut s’assigner une finalité aussi claire et univoque. Elle ne vise pas seulement à promouvoir un programme politique, et parfois un homme à travers un projet. Elle a plusieurs acteurs, plusieurs objectifs, plusieurs formes.
Dans la communication du gouvernement, on distingue traditionnellement : 1) une communication administrative qui consiste à informer le citoyen-administré de ses droits et devoirs, des services qui lui sont offerts ; 2) une communication institutionnelle (dite également ”corporate”) qui recouvre les actions destinées à mettre en valeur un ministère ; 3) une communication sociale qui vise à sensibiliser les citoyens aux grandes causes d’intérêt général ou à modifier leur comportent dans un sens conforme à l’intérêt commun, et 4) une communication plus politique qui consiste, pour le gouvernement, à expliquer et légitimer ses choix, voire à valoriser son action sous forme de bilan.
Cette typologie est un peu artificielle : toutes les formes de communication, parce qu’elles entrent dans l’espace public, peuvent emporter des conséquences politiques. Ne sont neutres de ce point de vue, ni la communication interne, ni l’information sur les droits nouvellement acquis, ni les incitations à se rendre aux urnes, ni mêmes certaines campagnes d’intérêt général, souvent attribuées par l’opinion au ministre en charge du domaine concerné.
La distinction apparemment la plus opérationnelle sépare en fait, quel que soit le type de communication considéré, l’information ”chaude” reprise par les médias et objet de débat dans l’opinion, de l’information ”froide” qui n’intéresse qu’un destinataire déterminé et ne suscite pas l’intérêt des médias. La première relève de la communication gouvernementale, la seconde de l’information administrative.
La communication gouvernementale, ainsi définie, est politique. Toutefois, elle ne doit pas s’enfermer dans la seule promotion des hommes ou d’un parti, mais constituer un outil spécifique au service de l’action du gouvernement.
La communication gouvernementale est le moyen de faire connaître au public les mesures nouvelles arrêtées pour mettre en œuvre la politique du gouvernement. Elle comprend la communication directe et les relations avec la presse. Elle peut également viser à promouvoir des modifications de comportement. S’adressant au citoyen, elle doit être comprise et admissible par tous. Elle doit s’accompagner de la mise en place de relais permettant d’établir un dialogue avec le public, ce qui suppose l’implication des réseaux propres à l’administration.
En définitive, la communication gouvernementale doit conjuguer efficacité dans l’utilisation de fonds publics et légitimité au regard des principes démocratiques.
L’idée de légitimité renvoie aux principes de liberté d’expression, de droit à l’information et de la transparence de l’action publique. Un gouvernement doit pouvoir expliquer ses réformes et connaître les dispositions de l’opinion à l’égard de ses projets, afin d’en évaluer les chances de succès et le cas échéant de les adapter.
En revanche, selon les termes de la circulaire du Premier ministre du 14 juin 1993 relative à la communication du gouvernement, ”les actions ne doivent pas avoir pour but de mettre en valeur la politique gouvernementale en tant que telle ou d’illustrer la pertinence de choix purement politiques. L’État se doit d’être impartial dans l’utilisation des crédits qu’il consacre à l’information du public”.
La question de la légitimité se pose aujourd’hui dans un environnement transformé par le développement des médias de masse et l’affaiblissement de leur contrôle par l’État, ainsi que par le déclin des relais traditionnels de la formation de l’opinion (partis politiques et syndicats notamment). La profusion des émetteurs et des messages, l’importance accrue de l’image, la rapidité de la transmission appellent une nouvelle gestion du temps et une grande cohésion de la communication gouvernementale. Le gouvernement doit disposer d’une organisation et de moyens à même de répondre à ces exigences.
La multiplicité des acteurs et la situation de concurrence potentielle où ils se trouvent (Président de la République et premier ministre, membres du gouvernement entre eux, cabinets et services) favorisent la dispersion des messages. Or la coordination et la cohérence de la communication conditionnent son efficacité. Le Service d’information et de diffusion du Premier ministre (SID), créé à cette fin en 1976, semble insuffisamment reconnu et doté pour mener à bien sa mission, face aux tendances centrifuges propres à la communication, enjeu de pouvoir entre politiques et entre ministères. Le porte-parole du gouvernement se heurte à la même difficulté.
L’appréciation de l’efficacité de la communication gouvernementale se heurte quant à elle à des difficultés. En premier lieu, il est souvent tentant d’attribuer l’échec d’un projet ou le rejet d’une décision à une ”erreur de communication”, excuse facile préservant la justification de la décision sur le fond. En second lieu, le succès ou l’échec électoral ne peuvent à eux seuls permettre d’évaluer les effets d’une politique de communication : on ne peut faire l’économie d’une véritable expertise technique. À cet égard, les modalités de contrôle, la transparence financière et l’évaluation de la communication gouvernementale paraissent insuffisantes. La relative opacité des moyens mis en œuvre contribue d’ailleurs à la suspicion qui pèse sur elle.
Des exemples récents de stratégies de communication ainsi que certains aspects des expériences étrangères suggèrent des réformes de structure ou de méthodes, de nature à assurer l’efficacité de la communication gouvernementale et sa légitimité dans un environnement transformé.
| Original language | French |
|---|
| Place of Publication | Paris, France |
|---|---|
| Publisher | Documentation francaise |
| Number of pages | 77 |
| ISBN (Print) | 2-11-003524-2 |
| Publication status | Published - 1996 |
| MoE publication type | C2 Edited book |
Publication series
| Name | Le travail gouvernemental |
|---|---|
| Publisher | La documentation Française |